David H. Turpin, président de l'Université de Victoria, a constaté une tendance inquiétante chez ses pairs au Canada : qu'ils soient volontaires ou forcés, le nombre de départs est en constante augmentation. Il a constaté qu'au cours des cinq années allant de 2006 à 2011, 12 présidents d'université canadiens avaient quitté leur poste en seulement trois ans ou moins de trois ans. De 2001 à 2006, seulement quatre personnes se trouvaient dans cette situation. Bien que ces exemples puissent paraître peu nombreux, ils reflètent la situation du président d'université d'un huitième du pays. De plus, il a également constaté que : au cours du dernier demi-siècle, le mandat du président d'université a été réduit de 13 ans dans les années 1950 à moins de 6 ans aujourd'hui. Comme le Canada, les États-Unis disposent de peu de données fiables sur le mandat des présidents d'université. On estime généralement que la durée moyenne du mandat des présidents d'université est de 8 à 10 ans.
Actuellement, l'Université des universités et collèges du Canada aide le recteur de Tobin à élargir la portée de ses recherches. Paul Davidson, président du comité, a déclaré : « Nous avons reconnu la nécessité de travailler dur pour comprendre ce phénomène. » Il a souligné que depuis 2009, 47 des 95 recteurs d'université au Canada ont été nouvellement nommés.
Le président Tobin a ajouté qu'il ne s'agissait que d'un constat préliminaire et que des recherches supplémentaires étaient nécessaires pour comprendre cette tendance et proposer des solutions. Il estime que la pression exercée sur les dirigeants universitaires actuels s'accroît, ce qui pourrait être l'une des principales raisons de leur départ prématuré.
Tobin quittera lui-même son poste de président de l'Université Victoria en juin 2013. Il occupe ce poste depuis 12 ans. Biochimiste et psychologue spécialisé en phytologie, il compte mettre ses méthodes scientifiques au service de son étude du mandat des présidents d'universités canadiennes. Quel que soit son domaine d'intérêt, le président Tobin est toujours convaincu que diriger une université est « la plus belle tâche du monde ».